Jay Naidoo

Publié le par Exigeant

Aujourd'hui j'ai envie de vous parler d'un homme de "pouvoir" qui l'utilise pour le transmettre.
J'ai découvert Jay Naidoo en lisant le livre de la journaliste canadienne Lucie Pagé, sa femme, "
Une femme au coeur de l'apartheid".
Sud-Africain d'origine indienne, il a été sous l'apartheid leader du syndicat étudiant avant de devenir secrétaire général du principal syndicat sud-africain, le COSATU.
Bras droit de Nelson Mandéla dans le premier gouvernement multi racial. Il fut ensuite Ministre des Télécommunications. Il quitta le gouvernement pour diriger ensuite la banque de développement d'Afrique du Sud.
Abandonnant la "politique" il fonda avec
Jayaseelan Naidoo le "J&J Group" groupe d'investissements. Il dirige également  GAIN  (Global Alliance for Improved Nutrition) une fondation internationale. Il participe aussi au sein de l'ONU au comité d'experts du "Information and Communication Technologies Committee".



Je voudrais vous faire partager ses mots : (traduction laissant à désirer)


Principaux Eléments du Discours de Jay Naidoo
Société Civile, Démocratie et Justice Economique
5ème Assemblée Mondiale de CIVICUS, Gaborone, Botswana
22 mars 2004

* Pour que la société civile, le gouvernement et le secteur privé travaillent
ensemble, tous doivent partager la même vision concernant la transformation et le développement de la croissance. Compte tenu de la distribution inégale de la richesse dans le monde d’aujourd’hui, le défi est essentiellement de s’assurer que nous comblons cet écart et que la majeure partie de l’humanité puisse bénéficier de la mondialisation.

* Pour bon nombre d’entre nous en Afrique du Sud, la mondialisation est une
composante importante du développement, en particulier parce que c’est grâce à la mondialisation de la lutte contre l’apartheid que nous avons pu venir à bout de l’apartheid.

* En tant que leader de syndicat dans les années 70 et étudiant activiste dans les années 70 et 80, notre capacité à nous adresser à nos camarades dans le monde entier, et leur capacité à influencer le gouvernement sud-africain a permis de sauver un grand nombre de vies dans notre pays. C’est cette mise en avant sur la scène internationale qui obligea finalement le gouvernement à limiter l’ampleur de sa répression. D’un point de vue international, la mondialisation est inévitable.

* Que nous soyons impliqués dans des syndicats ou étudiants activistes, que nous oeuvrions dans les milieux ruraux, dans le secteur privé ou au sein du
gouvernement, l’implication de ceux d’entre nous, qui sommes progressifs et dédiés au développement humain durable, est de s’assurer que les individus sont au centre du développement et que le potentiel humain des individus est développé.

* Le problème de la mondialisation aujourd’hui est qu’elle rassemble à la fois le pouvoir politique et le pouvoir économique de manière non démocratique aux mains des élites qui font dans leur vaste majorité partie du monde industrialisé. Notre combat, en tant que personnes progressives du secteur des ONG et de la société civile, et en particulier dans les mouvements de masse, est de contester cet agenda, afin que les individus soient placés au centre du développement.
C’est un phénomène qui commence à se produire. Les interventions de
l’Organisation Mondiale du Commerce à Cancun, par exemple, furent très
importantes. Pour la première fois, le monde en développement, emmené par le Brésil, l’Afrique du Sud, avait le pouvoir de négociation de demander à ne pas être traités comme des citoyens de seconde classe sur la scène internationale.

* On observe une véritable érosion des valeurs humaines, en particulier en
agriculture qui est la source de revenu disponible la plus importante qui soit pour les pauvres du monde en développement. Devoir entrer en compétition avec des agriculteurs en Europe et en Amérique du Nord, qui reçoivent des subventions énormes, est à la fois non éthique et illégal.

* Le coton est un exemple de la manière dont environ 10 millions de fermiers au Brésil et dans des pays d’Afrique sont menacés par les énormes subventions que les fermiers cultivant du coton reçoivent aux Etats-Unis, et cependant, ce sont ces mêmes pays qui demandent à niveler le terrain et d’assurer la compétitivité sur le marché. Tout cela devient hypocrite lorsque vous voyez dans quelle mesure les intérêts économiques et les droits acquis sont protégés dans ces pays.

* Cancun et le partenariat passé entre l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud devraient encourager une justice économique plus importante sur des questions telles que l’agriculture en obligeant une négociation dans laquelle le G7 devra réduire ses subventions.

* Le G7 peut faire beaucoup pour la promotion du développement durable en
mettant de l’argent dans les poches des individus ordinaires et en créant des
emplois. Si les pays du G7 interrompaient simplement leurs subventions, ils
n’auraient pas besoin de nous apporter la moindre aide parce que nous ne
pourrions en avoir besoin. Ils distribuent des milliards de dollars à des fermiers, ce qui empêche la création de millions d’emplois dans le monde en
développement. Et puis ils donnent quelques milliards en donation. Si les pays du G7 sont vraiment impliqués dans le développement, ils devraient interrompre leurs subventions et nous laisser accès à leurs marchés. Cela apportera plus au développement humain durable que n’importe quoi d’autre.

* Le fait que l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud, ainsi que la Chine, soient du
même côté est très important. Ils ne sont maintenant plus de simples individus qui sortent avec un bol pour mendier. Ils progressent en tant qu’économies substantielles de leur propre droit, et ils ont soudainement un impact parce qu’ils en ont le pouvoir. Quel que soit ce qu’ils négocient, cela bénéficiera à l’ensemble du monde en développement.

* Pour surmonter les difficultés en matière de développement, nous avons besoin d’un partenariat important entre la société civile basée sur les masses, le mouvement des ONG, les gouvernements qui sont dédiés à cette cause et adoptent une attitude progressive, et, de plus en plus, les intérêts du secteur privé.

* Au travers de ma propre expérience, le plus important en matière d’action de protestation militante et dans la mobilisation, c’est qu’il y a toujours des moyens pour arriver à des fins, plutôt que des fins en elles-mêmes. Il est très important d’organiser les individus, très important de les faire descendre dans les rues, très important d’exercer une influence pour s’assurer que les droits des individus sont protégés et sont en progression. Mais tout ceci nécessite la création d’un environnement nécessaire pour qu’aient lieu des négociations qui assurent la victoire des individus du commun.

* Notre plus grand défi aujourd’hui est de faire passer la vaste majorité des
individus de notre côté, qu’ils appartiennent au secteur privé, au gouvernement, aux organisations multilatérales ou aux individus ordinaires. La mise en place de ces types de « petits partenariats » est ce qui oblige ces droits acquis qui contrôlent les marchés financiers internationaux à la négociation qui crée un monde plus équitable.

* La société civile a besoin de développer sa capacité d’écoute. De la sorte, elle apprendra beaucoup de chose émanant d’individus ordinaires techniquement illettrés. Les leçons les plus importantes que j’ai jamais apprises m’ont été enseignées par des personnes qui n’étaient jamais allées à l’université et qui n’avaient jamais reçu beaucoup d’éducation. Ce qu’ils m’ont appris était le respect, l’intégrité, l’humilité et le service. Et je crois qu’il s’agit du message les plus important que quelqu’un puisse faire passer.

* En représentant les individus ordinaires, ne vous intégrez pas à une aristocratie arrogante et qui pense que le travail de leader est quelque chose qui s’hérite.
Nous devons apprendre le travail de leader, et nous en récoltons les fruits
continuellement en travaillant avec les organisations et les peuples proches des réalités en en nous assurant que nous reflétons constamment les aspirations et les espoirs du commun des mortels.

* Pour moi, il a toujours été très important que le processus de transformation essentiel dans notre lutte pour la justice économique et pour le développement humain durable soit l’attribution du pouvoir aux individus, et ce à un niveau local exclusivement – donner aux individus le pouvoir et la confiance pour prendre leurs propres vies en main.

Je voudrais également vous inviter à lire une de ses interventions à une conférence de l'OCDE.



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Doina-Ioana Botosanu 08/11/2006 12:16

 Bonjour!la connectivite,la solidarite,la compassion et l,affection,la fidelite a soi-meme comme fidelite et engagement envers et avec les autres:Lucie Page,Jay,Nelson Mandella,Ghandi,vous,moi....