Brigitte Niedermair

Publié le par Exigeant

Au fil de mes dernières périgrinations, j'ai découvert une photographe italienne possédant cette touche de personnalité que j'apprécie tant! Elle s'appelle Brigitte Niedermair.



J'aime bien dans ce cas, fouiller le net pour en découvrir un maximum à son sujet.
J'ai fouillé les galeries, me suis presque mis à la langue de Dante pour avancer.
J'ai trouvé des choses surprenantes. Pas tant sur cette artiste que sur une polémique concernant un de ses travaux pour une marque de jean's.



Cette photo est une interprétation du tableau "la Cène" de Léonard de Vinci.

Cette campagne d'affichage a été interdite par la Justice française en Mars 2005 à la demande d'une association crée par l'épiscopat français.

Vous trouverez ci-dessous une question d'actualité à l'Assemblée Nationale. Je vous la livre telle qu'elle figure dans le Journal Officiel. Méditez juste sur la profondeur de la réponse du Ministre de la Culture de l'époque...

INTERDICTION D'UNE AFFICHE PUBLICITAIRE

M. le président. La parole est à Mme Catherine Génisson, pour le groupe socialiste.

Mme Catherine Génisson. Monsieur le ministre de la culture et de la communication, je veux vous faire part de mes interrogations et de mon inquiétude après l'interdiction par le tribunal de grande instance de Paris de l'affiche publicitaire inspirée de « la Cène » de Léonard de Vinci, suite à la demande de l'association Croyances et libertés.

Les attendus du jugement qui parlent, entre autres, d'« injure visant un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion déterminée, en l'occurrence le catholicisme », sont pour le moins surprenants. Veut-on réintroduire le délit de blasphème dans le code pénal ?

Cette jurisprudence, si elle venait à se confirmer, ne permettrait-elle pas aux religions quelles qu'elles soient de restreindre nos libertés, toutes nos libertés ? Je suis particulièrement choquée par cet acte de censure touchant le cliché de la talentueuse photographe italienne, Mme Brigitte Niedermair. J'ai vu cette affiche et, permettez-moi de vous le dire, monsieur le ministre, je n'ai pas ressenti une insulte faite aux femmes. Cetteœuvre est simplement belle. C'est un bel hommage à l'esthétique.

Je souhaite connaître votre sentiment sur cette regrettable affaire de censure et d'atteinte à la liberté d'expression tout en rappelant que Léonard de Vinci, dont l'une desœuvres inspire le cliché, a lui aussi, en son temps, subi la censure. (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et sur plusieurs bancs du groupe des député-e-s communistes et républicains.)

M. le président. La parole est à M. le ministre de la culture et de la communication.

M. Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication. Madame la députée, à propos d'une récente décision du tribunal de grande instance de Paris qui interdit une affiche publicitaire pour des vêtements, vous parlez de censure et d'atteinte à la liberté de création. (« Oui ! » sur les bancs du groupe socialiste.) Je pourrais aisément me réfugier derrière une décision de justice qui vient en appel très prochainement, mais je ne le ferai pas, parce que la manière dont la liberté de création doit être assurée dans notre pays est évidemment une question très sensible. Je trouve excessif de parler aujourd'hui d'un retour à la censure.

M. Jean Glavany. Qu'est-ce que c'est alors !

M. le ministre de la culture et de la communication. Notre pays est beaucoup plus libéral que bien d'autres (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe socialiste et du groupe des député-e-s communistes et républicains) en ce qui concerne le spectacle vivant, le cinéma, la presse et même la publicité. Je vous invite à m'accompagner à certains spectacles ; vous verrez que la liberté de création est respectée et que la censure n'existe pas !(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe de l'Union pour un mouvement populaire.)

Cependant, beaucoup de nos concitoyens, quelles que soient leurs convictions, se sentent choqués ou bouleversés par la violence de notre temps et par certaines manifestations d'intolérance. (Exclamations sur quelques bancs du groupe socialiste.) Le dire n'est pas contraire au bon sens. C'est la vérité. C'est pour cela que notre jurisprudence est attachée à l'équilibre, qu'il n'est pas facile de trouver, entre la liberté d'expression, la liberté de création et la protection légitime de la liberté religieuse et des convictions de chacun. Sans cet équilibre, il n'y a plus de démocratie. Sans cet équilibre, la liberté de création trouve ses limites. Il est difficile à préserver. Je souhaite donc que chacun ait à cœur, lorsqu'il crée, de penser à l'ensemble de ses concitoyens. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe de l'Union pour un mouvement populaire et sur divers bancs du groupe Union pour la démocratie française. - Exclamations sur plusieurs bancs du groupe socialiste.)

Deuxième séance du mardi 29 mars 2005

Assemblée Nationale. Questions en séance publique.

Un ministre de la République à la défense de conceptions religieuses!!!
Nous sommes juste en 2005 à fêter le centenaire de la loi sur la laïcité... Quelques jours aprés cette réponse nous aurons droit à un deuil national pour la mort de Jean-Paul II.

J'aime cette artiste. L'exception culturelle française est-elle liée aux exigences des évêques de France?

A peine "nominé" Benoit XVI, membre de l'opus déi, a repris contact avec la frange traditionnaliste de l'Eglise, pour bonne partie d'origine française dans le sillon de "Monseigneur" Lefebvre.

Vous trouverez dans les albums, celui que j'ai fait de Brigitte Nierdermair.

Publié dans Photographes

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AURORA 05/10/2005 23:14

J'avais moi aussi, en son temps, évoqué cette "affaire", je ne connaissais ni le nom de l'artiste photographe alors, ni le texte que vous publiez.
Edifant.
De plus en plus.
Quelle catastrophe!

AURORA